Cette insoutenable légèreté de l’être
juillet 2nd, 2009 Posted in Chroniques, Culture, ImmigrationChaque année, cela me fascine : cette capacité inouïe des montréalais (et des québécois) à renaître. Ça se produit à l’entrée de l’été, comme un nouvel éveil, une renaissance « chronique » qui prend racine dans cette ultime quête du plaisir qu’ont les nord-américains.
Avec les beaux jours, l’apparition des premiers bourgeons, des premiers rayons du soleil, la ville retrouve un nouveau souffle, un nouvel espoir et son effervescence. Les terrasses regorgent de monde, les festivals affluent, les montréalais affichent une fraîcheur et une joie de vivre qui leur procurent cette incroyable légèreté. Ils sont beaux, heureux, presque fascinants.
Jamais, je n’ai eu de pareil constat en France, pourtant l’été peut y être bien agréable et propice à cette même fraîcheur. Mais non, il y a là autre chose. Peut-être une de ces subtiles différences culturelles entre les européens et les nord-américains : leur incroyable capacité à oublier, pourvu que les nord-américains aient du fun, pourvu que leurs plaisirs reviennent. En ce sens, nos cousins sont résolumment optimistes et peut-être plus enclins à la légèreté que nous ne le sommes.
Est-ce là l’un des héritages de notre « vieille » et longue histoire ? Il paraît qu’on porte en nous le souvenir de notre passé, de nos conquètes et de nos blessures, comme une empreinte marquée au fer, un asservissement, du moins une forme de nostalgie, ultime limite de nos espoirs.
La renaissance : c’est ce que m’évoquent les montréalais à l’approche de l’été. Un peu comme quand je regarde Mathilde avec ses grands yeux, toute « neuve » dans ce monde et déjà avide de tout.




