
Vous
venez d'arriver au Canada et plus particulièrement au Québec.
Maintenant que vous êtes en possession de votre visa, de votre carte
d'assurance sociale et que les démarches administratives de
base
sont derrière vous, il est temps de se pencher sur la question du
travail.
Cette rubrique se veut être la plus utile
possible, donc si vous recherchez des anédoctes, des cas particuliers
ou autre truc plus "hot" (comme disent les québécois), ce n'est pas ici
que vous trouverez. Par contre, nous nous sommes déjà prêtés
à cette drôle d'aventure qu'est la recherche d'emploi en tant que
nouvel arrivant et peut-être que notre expérience pourra vous apporter
quelque chose.
Trouver
du travail quand on vient
d'arriver fraîchement au Québec n'est pas chose facile. Vous entendrez
de nombreuses histoires sur le chômage plus courant et plus important
pour les étrangers que pour les québécois. Vous pourrez
aussi lire
de nombreux articles sur l'intégration des immigrants au Canada, etc,
etc.
Certains bruits sont vrais, d'autres ne le
sont pas.
Comme
souvent, la question de l'intégration des immigrants, en particulier
sur le plan professionnel, est un fond de commerce pour beaucoup de
monde. Avez-vous remarqué comme il est plus facile et rapide de
rencontrer des personnes toutes prêtes à partager leurs expériences
négatives et leurs désillusions sur le marché du travail ?
Fuir
ces personnes découragées, déçues et peu motivées a été notre premier
défi.
Trouver un emploi, lorsqu'on arrive
au
Québec n'est
pas chose facile. C'est vrai, pourtant nous sommes arrivés en
septembre, nous avons trouvé un premier emploi en moins de 2 mois
et en décembre, nous étions, tous les deux, avec
des contrats de travail
pour
des
postes équivalents à ceux que nous
avions quitté en France.
Vous entendrez tout
et son contraire sur la recherche d'emploi au Canada. Chacun y va de sa
petite histoire, comme nous d'ailleurs. Mais, si vous trouvez dans ces
pages quelques bons conseils, on en sera heureux.
Vous
trouverez ici deux
types d'informations :
Généralités
sur le marché de l'emploi au Québec
Quelques
chiffres sur l'emploi
- Taux
de chômage au Canada : 6,1%
- Chômage au
Québec : 7,6%
- Chômage à Montréal : 13,1%
- Chômage
en Alberta : 3,2%
- 680 000 postes seront à
pourvoir au Québec au cours de la période 2006-2010 dont 64% suite à
des départs à la retraite.
Sources : avril 2008.
Plus d'informations : Le marché du travail au Québec. Perspectives
économiques 2006-2010.
Pourquoi le Canada a tant
besoin des immigrants ?

Il
faut savoir que
le Canada manque cruellement de
main d'oeuvre dans de très nombreux domaines. Au Québec, par exemple,
les
PME font face à un réel problème de relève. Plus de 40% des dirigeants
de PME québécoises prévoient de partir à la retraite d'ici
2010 et
70% prévoient leur retraite d'ici 2017. Or, en 2007, 55% des
emplois
provenaient des entreprises de moins de 500 salariés au Canada. Ce
chiffre était de 58% au Québec.
Le
problème est
qu'aujourd'hui, le Québec et d'autres régions du Canada n'ont pas de
relève pour ces travailleurs sur le départ. Cette situation de gouffre
démograhique est une réalité très concrète pour le Canada et les
autorités prennent cela très au sérieux.
Que
doit-on en
comprendre ? Tout simplement ce que les autorités
s'efforcent de faire accepter à la population : pour faire face aux
besoins de main
d'oeuvre (et de natalité) du Canada, les entreprises
canadiennes devront très largement compter sur les immigrants.
Excellente
nouvelle pour tous les étrangers qui ont des vues sur le Canada,
certes. Seulement la réalité économique du pays et la volonté politique
ne sont pas toujours sur les mêmes ondes. 45 000 immigrants arrivent
chaque année au Québec. Le taux de chômage des immigrants est plus du
double de celui des québécois et les étrangers représentent le
cinquième des 380 000 bénéficiaires de l'aide sociale.
Est-il
si difficile de
comprendre que les immigrants sont une solution idéale pour combler la
pénurie de main d'oeuvre ? Non et pourtant, moins de 20 % des
PME
qui ont embauché du personnel au cours des cinq dernières années ont
choisi des immigrants. Certaines
régions en
particulier souffrent d'une réelle préférence "nationale", parfois
même "régionale". En
2007, le taux d'emploi des immigrants atteignait 77,9%, alors que celui
de la population née au Canada se situait à 83,8%. Le taux de chômage
des immigrants au Canada tourne autour de 10%, et celui de la
population née au Canada plafonne à 5,6%. Si vous venez
d'arriver
sur le territoire et que vous êtes à la recherche d'un emploi, il
faudra donc vous armer de patience et jouer des coudes. A titre
d'information, les
statistiques du Canada
évoquent un délais de 8 à 10 mois pour retrouver un
emploi correspond à vos qualifications, excepté pour les professions
réglementées. Nous, ces statistiques-là, on a
préféré les ignorer.
Professions
réglementées au
Québec
Si vous exercez un métier réglementé au Québec et au
Canada,
vous devrez être plus vigilents et réfléchir sérieusement à votre plan
de carrière sur le continent nord-américain. Ces professions sont
régies par des ordres professionnels dont le mandat
est d’assurer la protection du public. Les ordres
professionnels ont le pouvoir de fixer les critères d’accès et les
normes d’exercice, d’évaluer les compétences et les diplômes et
d’accorder le certificat ou le permis aux candidats qualifiés pour
avoir le droit d'exercer leur métier.
Ainsi,
si vous pratiquez les métiers suivants, vous devrez vous soumettre aux
pratiques spécifiques du Québec et, dans certains cas, préparez-vous à
retourner sur les bancs de l'école pour obtenir une reconnaissance de
vos qualifications :
- ingénieur,
- médecin,
infirmier, dentiste, opticien, pharmacien ou toute autre spécialité
médicale et/ou para-médicale,
- comptable,
- avocat,
huissier de justice
- notaire,
- architecte,
- conseiller
en ressources humaines,
- interprète ou
traducteur agrée,
- métiers de la
construction,
- métiers de
l'enseignement,
De même, des certificats
de qualification vous seront demandés si vous travaillez dans les
domaines de compétences suivants:
- électricité,
tuyauterie, mécanique d’ascenseurs, gaz, machines fixes et inspection
d’appareils sous pression,
- soudage,
- eau
potable,
- halocarbures.
Pour
en savoir plus sur les pré-requis et délais nécessaires pour exercer
ces professions réglementées, contacter l'
Office
des Professions Québec, la
Direction
de la Formation et de la Titularisation des Enseignements ou
la
Commission
de la Construction du Québec, selon votre profession.
Les sessions
d'informations du
MICC
A votre arrivée, les autorités
(Ministère
de l'Immigration et de la Citoyenneté au Canada)
vous proposeront de suivre
gratuitement des sessions d'informations (à condition que vous soyez
résidents permanents). Le parcours du débutant ressemble un
peu à ceci :
- Une demi journée en session
de groupe ou individuelle pour connaître les démarches d'installation au Québec
(NAS,
RAMQ, SAAQ, etc)
- 4 demi-journées
d'informations en session de groupe pour vous renseigner sur les réalités socio-économiques du Québec.
- Des
services d'accompagnement complémentaires pour vous aider dans
vos démarches (cours de langue, rédaction de CV, lettres de
motivation, connaissance des
organismes de recherches d'emploi, etc). Ces services sont rendus sous
forme de programmes. Exemples: "programme retour à l'emploi"
(PRE), "accompagnement pour la
recherche d'emplois", "programme d'aide pour l'emploi des Immigrants" (PRIIME), "programme de prépration
à l'emploi" (PPE), etc.
Ce
que vous devez savoir sur ces programmes, c'est qu'ils existent en très
grand nombre et que leur durée peut varier de 1 à 3 mois. Ils vous
occupent à temps plein ou à mi-temps, sont orientés selon des
thématiques qui vous intéressent et peuvent donner lieu à d'autres
sollicitations nouvelles pour des formations. Ces programmes sont
dispensés par des organismes para-publics et/ou privés qui sont
financés par les gouvernements fédéral et provincial. En d'autres
termes, en tant que nouvels arrivants, vous êtes les CLIENTS très
attendus de ces organismes. Bien sûr, vous ne paierez pas
de frais directs pour ces programmes, mais l'état oui. L'immigration
est le fond de commerce de ces multiples organismes, tous hautement
disposés à vous accompagner et vous aider dans vos démarches et,
croyez-nous, ce business là roule très bien.
Comme
tout nouvel
arrivant, nous avons suivi la première demi-journée et les 4 suivantes
(fortement recommandées). Lors de ces sessions, vous apprendrez une
quantité de choses utiles
qui relèvent de l'analyse et la vision du ministère quant à
l'immigration.
Autre
point intéressant : vous serez au milieu de personnes comme vous :
étrangers venus du monde entier pour immigrer au Canada. Enfin,
si les
sessions sont délivrées par des personnes qui ont vécu préalablement
cette même
expérience (c'était notre cas), vous aurez la chance d'avoir un point
de vue original et intéressant, en plus de quelques très passionnantes
explications sur l'histoire du Québec et sur les différences
culturelles. C'est le volet des sessions que j'ai le plus apprécié.
La
troisième étape relative aux programmes
d'accompagnement est
facultative. Nous
sommes restés dans ce circuit pendant 2 semaines. Ensuite, nous avons
décidé d'en
sortir au plus vite et nous débrouiller autrement.
Quelques liens utiles pour
la recherche d'emploi
Parmi les informations
données par le MICC, vous repartirez avec un carnet d'adresses
électroniques complet pour obtenir et chercher de l'information sur
l'emploi. En voici quelques extraits :
- Emploi
Québec
- Agence Nationale
pour l'Accueil des Etrangers et des Migrations (ANAEM),
réservée aux français et mettant gratuitement à votre disposition
ordinateurs, Internet, téléphone, listes d'employeurs
potentiels et quelques entretiens privés avec un conseiller qui pourra
vous accompagner.
- Association des Centres
de Recherche d'Emplois au Québec.
- Les Centres Locaux d'Emploi : chaque
région et ville en compte plusieurs. Vous y trouverez une écoute, des
postes de travail avec connexion Internet, l'accès au téléphone et des
documents d'informations.
- Service
d'orientation et d'intégration des immigrants au travail (SOIIT).
Comment
nous avons trouvé nos
emplois ?
En
dehors des explications théoriques et des sessions
d'information
ici et là, on nous a souvent répété deux choses fondamentales :
- 95%
du marché de l'emploi sur le continent nord-américain
est dans le marché "caché". Pourquoi "caché" ? Parce que tout
simplement non publié, non inscrit dans les offres des agences
nationales ou régionales ou dans les journaux, et souvent, non présent
sur les sites web des employeurs, ni dans les agences de
recrutement.
- la meilleure façon de
trouver un emploi, et un emploi correct, passe par
le réseautage (networking).
Au
Québec et au Canada, les pratiques nord-américaines régissent très
largement les comportements des individus. c'est une question de
culture. Avec nos reflexes
européens et nos pratiques professionnelles, on comprend certes la
notion de réseautage, mais il faut reconnaître que nous avons plus de
mal à l'intégrer et à s'approprier cette façon d'être. Parce
qu'il
s'agit bien de "savoir-être", ce truc que l'on n'apprend pas à
l'Université et qui permet de résoudre tellement de questions. Le
réseautage est LA clé pour trouver un emploi et construire votre
carrière quelle qu'elle soit.
Si vous voulez
optimiser vos recherches d'emploi, il faudra donc vous mettre
au "réseautage". Pour cela,
vous devrez d'abord adopter quelques bonnes pratiques :
- Commencer
par éditer et imprimer vos cartes d'affaires (ou cartes de
visites). Certains sites vous l'offrent presque gratuitement (VistaPrint).
Au Canada, seules les informations telles que : nom, prénom, téléphone,
courriel, nom de votre entreprise (si vous êtes déjà en poste),
métier-profession et/ou compétences-expertises sont
nécessaires. N'en mettez pas plus ! Si vous le souhaitez, vous
pouvez rajouter une phrase très courte pour vous différencier
et solliciter la curiosité. Mais gardez en tête que les
canadiens sont adeptes du dicton suivant : go straight to the point !
- Préparer
votre speech pour être capable de vous introduire en moins de 2 min et,
dans la perspective que vous aurez souvent moins de 10 minutes pour
vous
présenter et séduire des employeurs potentiels, au hasard des
rencontres dans les activités de réseautage.
- Naviguer
sur Internet, liser les journaux et tender l'oreille à la recherche
d'activités de réseautage. Sous le terme "activités de réseautage", on
regroupe les salons ou rencontres professionnelles diverses et, en
particulier, ce que
les canadiens appelent les 5@7 ou 6@8. Ce sont des moments de
rencontres professionnelles et/ou sociales dans les bars et/ou
dans d'autres lieux (hall d'entreprises, restaurants, etc). Les 5@7
sont très populaires au Québec et dans les grandes villes du
Canada. C'est une occasion idéale d'échanger cordialement autour d'un
verre avec des amis, mais aussi des collègues et d'autres entreprises
pouvant devenir des clients, des partenaires ou vos employeurs. C'est
là que vous devez sortir vos cartes d'affaires, échanger en quelques
minutes avec d'autres professionnels et laisser à vos interlocuteurs la
chance de se souvenir de vous et vous rappeler pour une "entrevue" (ou
entretien).
- Solliciter des entrevues (ou
entretiens) avec les salariés des entreprises qui vous intéressent. Au
Québec, les employeurs et tous les professionnels acceptent
assez facilement de vous rencontrer et d'écouter ce que vous
avez à
leur proposer. Vous pourrez aisément
contacter le président ou le directeur général d'une entreprise et lui
parler directement au téléphone sans barrage d'une secréraire. Demander
une première entrevue avec un salarié de l'entreprise, qui exerce un
métier similaire à celui que vous visez, peut vous permettre d'en
savoir plus sur les conditions de travail de l'entreprise, l'ambiance
et la culture de celle-ci, les conditions d'embauche et
les conditions salariales. C'est aussi le moment idéal pour
solliciter une
référence. Au terme de cette entrevue (environ 10 minutes), si
le contact est bien passé, vous pourrez demander à votre interlocuteur
d'éventuellement vous référer à un directeur, afin de poursuivre vos
démarches. Dès que vous obtenez une référence d'une tierce
personne, ne tardez pas à l'appeler pour démontrer votre réactivité et
votre motivation. De fil en aiguilles, vous multiplierez ainsi les
occasions de rencontrer des professionnels, d'avoir des entrevues et,
du coup, de décrocher un emploi.
Où
et comment réseauter ?
Les
organismes tels que les
Chambres de Commerce, les
associations
professionnelles et les clubs d'affaires sont d'importants
organisateurs de 5@7 ou autres ateliers de réseautage. Demandez-en
la liste dans les centres locaux d'emplois, au
MICC, à l'ANAEM ou
ailleurs.
Les
sites web des chambres de commerce, des associations ou clubs
professionnels vous renseigneront sur le calendrier de leurs activités.
Pour la plupart, vous n'aurez pas besoin d'être membre, mais les frais
de participation seront alors un peu plus élevés (de 20 à 50 $ CAN).
Plus rares sont les
ateliers ou 5@7 gratuits. Toutefois, cet investissement est
souvent jugé rentable et porte ses fruits très vite.
Vous
pouvez aussi "réseauter" en allant dans les bars du centre ville, près
du quartier des affaires (en particulier le jeudi soir). Au
sport, dans un club, chez le coiffeur, à la garderie
de vos
enfants,
chez le dentiste ou ailleurs, le réseautage est partout. Bien
sûr, au début, cela pourra vous
paraître un peu difficile, exagéré voire stupide, mais le réseautage
est une pratique naturelle et très simplement vécue au
Canada. Vous
aurez tout intérêt à vous y faire.

D'autres sources de
réseautage existent avec les sites de RSP (réseaux sociaux et
professionnels) :
Viadeo,
LinkedIn,
Facebook,
etc. Que l'on soit pour ou contre ces inititatives, personne ne peut
nier aujourd'hui l'engouement que ces sites web ont suscité. Les
entreprises utilisent le web 2.0 pour trouver des informations sur
vous, alors pourquoi ne pas utiliser ces outils pour trouver des
informations sur les employeurs qui vous attirent ?
C'est
grâce au réseautage que nous avons trouvé
nos emplois en quelques semaines et on vous souhaite d'avoir autant de
chances et de succès
dans cette démarche. Bon
réseautage.